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Carnage au Carnet sur la Loire…couvert par des assos environnementales ?! Lettre ouverte à la LPO,FNE et Bretagne Vivante

LA LOIRE EN DANGER :

CARNAGE AU CARNET…

COUVERT PAR DES ASSOS ENVIRONNEMENTALES ?

LETTRE OUVERTE ADRESSÉE AUX ASSOCIATIONS CENSÉES PROTÉGER L’ENVIRONNEMENT LA FAUNE ET LA FLORE:

BRETAGNE VIVANTE, FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT, LPO

La Lettre ouverte en format PDF :

Depuis 10 ans, dans un silence assourdissant, vous accompagnez le projet industriel du Carnet en lien étroit avec le Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire (GPM) composé de »: l’Etat, la Région Pays de Loire, le Département 44, l’Agglo de Saint-Nazaire, et de Nantes Métropole, les multinationales telles que YARA, ENGIE, TOTAL CARGILL, que vous condamnez sur d’autres dossiers !

Le Carnet c’est l’un des 12 sites industriels clés en main, aux procédures d’implantation accélérées au mépris du code de l’environnement, que Macron a bradé aux multinationales

(sites à présent au nombre de 78).

Le Carnet, c’est au total 395ha de zone naturelle, dont 116 espèces protégées et un des derniers couloirs migratoires préservés en France.

Le Carnet, c’est le symbole de la lutte contre l’implantation d’une centrale nucléaire il y a une quarantaine d’années, projet abandonné en 1997.

Et vous accompagnez un autre projet visant à détruire ce site sur les lieux même d’une grande victoire historique pour l’écologie ?

Le Carnet, c’est 110 ha de zone naturelle, dont 51ha de zones humides, qui vont être détruites sans état d’âme pour l’installation d’une zone industrielle, repeinte en vitrine verte du GPM.

DES QUESTIONS QUI ATTENDENT DES RÉPONSES

Vos 3 associations, réticentes au départ, ont finalement accepté d’accompagner ce projet industriel en négociant des « mesures de compensation » (sic) et de « préservation/restauration » sur les 285 ha restants du Carnet.

Nous savons ce que valent les « mesures de compensation » des destructeurs de la nature.

  • Pourquoi soutenez-vous le projet destructeur du GPM ?
  • Pourquoi risquer la destruction de la Loire par des dragages conséquents prévus pour le projet ?
  • Pourquoi faire allégeance au GPM* vous qui êtes censés être à l’antithèse ?
  • Pourquoi trahir à ce point votre mission de la protection de la biodiversité ?
  • Que pensent tous vos adhérents qui vous font confiance de ces liens étroits que vous entretenez avec le GPM ?
  • Qu’est-il advenu de votre crédibilité dans la lutte contre les projets destructeurs de l’environnement ?

Pendant ces 10 années de concertation avec le GPM vous auriez pu alerter sur ce projet écocide et le contrer en justice en tant qu’association environnementale :

Pendant tout ce temps, vous auriez pu alerter les habitants des communes des conséquences et des risques inhérents à ce projet.

Pendant tout ce temps, votre « accompagnement » a permis au GPM et à l’Etat d’avancer sereinement sur ce dossier sans réelle information des habitants.

Pendant tout ce temps, cet accompagnement a permis également au GPM de repeindre en vert ce projet d’extension de ses activités industrielles sur l’Estuaire.

Citons ainsi le Grand Port : « son aménagement fait l’objet d’une coopération étroite avec les services de l’Etat et les associations environnementales ».

Et pourtant…

Dans votre contribution à l’enquête d’utilité publique datant de 2017, vous pointez les différentes impossibilités du projet du Carnet à rentrer dans le cadre qui se voudrait écologique et sans impact.

Vous y reconnaissez également l’aspect caduc de la séquence « ERC » (Eviter, Réduire, Compenser), puisque parmi les 12 sites choisis pour le projet industriel du GPM, le site du Carnet était le plus impactant en termes de biodiversité.

Et pourtant…

Dans votre récente lettre ouverte justifiant de l’accompagnement au projet industriel du Carnet, vous reconnaissez vous-mêmes la biodiversité unique du site du Carnet.

VOUS N’AVEZ PAS JOUÉ VOTRE RÔLE D’ASSOCIATIONS DE DÉFENSE DE L’ENVIRONNEMENT.

Depuis fin 2019 votre soutien maintes fois affiché dans la presse à ce projet industriel destructeur est ahurissant et incompréhensible ; le Grand Port doit se féliciter de votre « complaisance ».

Que penser de vos 2 déclarations :

Un exercice d’équilibriste consternant.

Vous, les « sentinelles de la nature », telles que s’institue France Nature environnement :

Vous serez complices du carnage de la dernière grande zone de vie sauvage de l’Estuaire.

Vous serez complices des risques d’inondations encourus par la population avoisinante.

Vous serez complices du massacre de 116 espèces menacées.

Vous serez complices du dragage sauvage de la Loire la mettant en grave danger.

Vous serez complices d’une hausse conséquente de la pollution routière et maritime.

Vous serez complices de la disparition d’un des derniers couloirs migratoires de France.

Vous serez complices, en donnant votre caution aux bétonneurs.

La main sur le cœur, vous claironnez fièrement : « nous avons obtenu 285 ha de compensation », « nous avons sauvé la vasière de Méan » (sacrifiant au passage le Carnet).

  • Depuis quand sacrifie-t-on une zone sous prétexte que la biodiversité est soi-disant moins importante ?
  • Depuis quand, au nom de quoi des associations troquent une zone naturelle contre une autre ?
  • Comment peut-on impunément marchander la nature et le vivant ?

Etes-vous bien conscients que les mesures de compensation sont respectées « a minima » et qu’elles sont une vaste imposture ?

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Vous avancez que vous allez être vigilants quant au respect de l’accord passé avec le GPM, bien que vous n’ayiez qu’un dérisoire pouvoir de consultation.

Comment pouvez-vous affirmer qu’une vigilance et qu’un recours de votre part, si manquement il y a, sera suivi d’effet alors que les travaux auront commencé sans même attendre une candidature d’un groupe industriel ?

Il sera trop tard et vous le savez.

Les travaux de destruction du site sont prévus cet automne/hiver avant même toute annonce d’implantation d’entreprises.

  • Quel peut être le gain écologique de la partie « compensation » menée sur des zones humides en bord de Loire déjà foisonnantes de biodiversité ? (116 espèces relevées dans vos inventaires)
  • Comment justifiez-vous la disparition locale annoncée du phragmite aquatique, le bruant des roseaux, la rousserole turdoïde) espèces menacées et identifiées sur les 110ha du projet industriel du Carnet ?
  • Comment pouvez-vous ignorer à ce point le rôle majeur des zones humides en cas de submersion ?
  • Pourquoi passer sous silence le fait que 50 cm de rehaussement du carnet (550 000 m3 de remblais nécessaires, l’équivalent de 58 000 camions de 13T de remblais) ne changera aucunement les risques de submersion ?

Alors que :

Le Carnet abrite 116 espèces menacées.

Le Carnet est l’un des derniers couloirs migratoires préservé de la pollution sonore et lumineuse.

Le Carnet est une mosaïque fine de milieux caractéristiques dû entre autres à son historique d’ancienne île de la Loire.

De nombreuses études scientifiques prouvent que la lumière nocturne et le bruit liés aux activités humaines sont une principale source de perturbation de la faune et la flore.

Les zones que vous avez obtenues en compensation de la destruction du Carnet entourent le futur site industriel et seront durement touchées par cette pollution sonore et lumineuse.

Que répondez-vous à cela ?

Une des zones humides du site menacé du Carnet (51ha en tout)

Vous affirmez, à qui veut l’entendre, que le Carnet est envahi de plantes invasives et en voie de banalisation pour justifier « l’ épiphénomème » de sa destruction.

Des naturalistes chevronnés et reconnus sont allés vérifier vos allégations sur place et ont noté la présence de 4 plantes, dites invasives :

  • L’herbe de la pampa : très peu présente sur le site.
  • Le robinier : peu présent sur le site.
  • La paspal distique : en un seul endroit du carnet.
  • Le baccharis : plus présent, qui n’a aucunement envahi le site. Du reste, les baccharis sont présents sur tout l’estuaire et naturalisés dans le Sud ouest…

Ces naturalistes contredisent fermement vos propos. Il n’y a pas d’envahissement contrairement à vos dires.

Les baccharis, peuvent être facilement circonscrits : STOP CARNET, les habitants sympathisants et bénévoles le feront en très peu de temps.

Nous nous ferons un immense plaisir de vous envoyer les photos. Vous pouvez déjà en trouver ici sur notre blog, photos prises lors des balades découvertes que nous organisons régulièrement sur le site.

Vos arguments sont donc des plus fallacieux.

  • Peu importe que vous ayez obtenu en échange la protection et restauration (sic) du reste du site du carnet que détient le GPM.
  • Peu importe que vous ayez obtenu des financements vous permettant de vous battre sur d’autres dossiers.
  • Peu importe que vous ayez obtenu des compensations écologiques sans aucune valeur parce que situé sur 285ha déjà riches en biodiversité.
  • Peu importe que vous pensiez que la lutte contre ce projet ne peut être gagné – du reste, qu’en savez-vous ?
  • Peu importe que vous vous battiez sur d’autres dossiers et que vos recours juridiques ont permis des victoires pour l’environnement.

Vous n’avez aucune excuse de cautionner le sacrifice ce site, symbole, qui plus est, d’une puissante lutte contre un projet de centrale nucléaire, il y a une quarantaine d’années. Vous vous êtes inféodés aux grands groupes.

A quand une véritable politique d’indépendance de vos associations vis à vis des fonds publics et privés ?

Quid de la LPO nationale ayant des partenariats avec EDF et VINCI AUTOROUTES ?

Depuis quand les associations endossent le rôle de « marchands de tapis » oubliant leur mission première au passage ?

Les difficultés de financement des associations ces dernières années dues aux coupes budgétaires, n’orientent-elles pas vos décisions d’orientation vers l’accompagnement de projets d’urbanisation pour obtenir des financements ?

Nous sommes en droit de nous poser la question.

Pour rappel, la donne a changé depuis le début de ce projet avec les catastrophes annoncées : 6ème extinction de masse anthropocène, pandémie, crise climatique majeure, disparition alarmante des terres arables et zones humides..et des terribles conséquences en découlant. Que faites-vous de ces alertes criantes ?

Le gouvernement piétine allègrement ses engagements de « zero artificialisation nette » :

Pourquoi ne contrez-vous pas cette démarche écocidaire ?

Photo : Marie Bossard – Une nid de cigognes sur le site des 110 ha du projet

Il est impératif que vous respectiez vos missions premières :

  • Protéger l’environnement la faune et la flore et éviter leur disparition.
  • Protéger le vivant des inondations, de la pollution.
  • Désavouer les politiques qui mènent des projets climaticides et écocides.

Ne vous compromettez pas avec les responsables de ces désastres.

Une simple « vigilance » de votre part sur le Carnet, solution de facilité, est inacceptable et infondée, eût égard aux impacts irréversibles des travaux de destruction des zones humides prévus fin 2020.

  • Il n’est pas trop tard pour exprimer véritablement votre opposition au carnage au Carnet, plutôt qu’une simple vigilance.
  • Il n’est pas trop tard pour sortir la tête haute de la culture du compromis, stratégie vaine du court terme et inconciliable avec les risques avérés sur notre avenir et celui du vivant !

Le Collectif STOP CARNET vous tend la main.

Nous sommes la Loire qui se défend

Bruant des roseaux, une des espèces menacées du site du Carnet et emblème de notre collectif,
dessin réalisé par Alessandro Pignocchi en soutien à la lutte

LE COLLECTIF STOP CARNET

STOPCARNET@RETZIEN.FR

HTTPS://STOPCARNET.FR/

COMPLÉMENT D’INFORMATIONS

Voici des extraits de l’avis plutôt négatif sur le projet du Carnet de l’Autorité Environnementale (lire aussi les pages de notre blog Stop Carnet pour en savoir plus sur le projet) :

Avant les années 1970, le Carnet était une île de Loire séparée des berges par le canal du Migron, sur le territoire de la commune de Frossay. Des remblais illégaux à base de sables de dragages entre les années 1970 et 1993 ont modifié le paysage estuairien en supprimant la quasi-totalité du bras du Migron. Ces remblais ont depuis été légalisés par l’Etat. Les milieux neufs apparus ont été colonisés par de nombreuses espèces animales et végétales dont beaucoup sont protégées (116 espèces protégées). Le site abrite une belle diversité d’habitats dont un habitat d’intérêt communautaire ; on y note des milieux sableux secs, des dépressions humides, des mares saumâtres, des prés salés et roselières ce qui crée une mosaïque originale.

En parallèle des opérations de remblaiement qui ont considérablement changé le site, ce dernier est surtout connu pour avoir été envisagé pour accueillir une centrale nucléaire à compter de l’été 1981. Déclaré d’utilité publique en 1988, le projet de centrale est cependant abandonné en 1997 sous la pression du « collectif Carnet » regroupant 25 associations (politiques, citoyennes et écologistes), notamment Bretagne Vivante et la LPO Loire-Atlantique, qui avaient déposé un recours en justice contre l’autorisation de remblaiement du Carnet. « 

L’Ae recommande de présenter une analyse des variantes conforme à la lettre et à l’esprit de l’article R. 122-5 du code de l’environnement, en comparant aussi les douze sites retenus dans une première sélection selon des critères environnementaux, et en pondérant de façon proportionnée ces critères environnementaux et les critères économiques et techniques dans la comparaison des sites de la ZIP de Cheviré, du Carnet et de Donges Ouest. Les besoins des entreprises du secteur des énergies renouvelables ne sont pas décrits dans le dossier, aussi le caractère rédhibitoire du mitage des terrains, l’insuffisance des espaces disponibles en arrière quai, ainsi que le trop grand éloignement des parcelles aménageables du site de Donges ne sont pas justifiés. Il n’est pas expliqué non plus pourquoi il n’est pas possible de rationaliser les espaces aménagés existants, quitte à ce qu’ils soient de dimension plus petite, pour les dédier à ces entreprises. L’Ae recommande de justifier les besoins en foncier et en aménagement des entreprises du secteur des énergies renouvelables, en précisant pourquoi une rationalisation des espaces déjà aménagés n’était pas une variante envisageable, pourquoi le terrain de 110 ha doit nécessairement être d’un seul tenant et quels sont les espaces disponibles en arrière quai nécessaires. »

Site concerné par la loi littoral, or dérogation pour urbanisation seulement si « nécessité technique impérative » et continuité d’urbanisation (rien dans le dossier ne démontreclairement ces deux cas !)

« La quasi-totalité des 395 ha du site sont aujourd’hui des espaces renaturés, les remblais sableux ayant été progressivement reconquis par la nature. On y trouve de nombreux habitats d’intérêt communautaire (certains sont prioritaires au sens de la directive « Habitats, faune, flore » de 1992), des zones humides (60 % du périmètre du site), et une mosaïque fine de milieux caractéristique de l’île du Carnet. Par ailleurs, les partie Est et au bord de Loire sont identifiées comme une « zone naturelle » ou un « espace remarquable » du littoral par les PLU des deux communes où le site est localisé, et les cartographies annexes attachées aux orientations de la DTA et relatives à la trame verte désignent le site comme faisant partie

  • d’espaces naturels et paysages exceptionnels à protéger » (site n°11bis). Ce dernier pointn’est cependant pas souligné et mériterait de figurer dans le dossier. « 

« Le maître d’ouvrage ne présente pas l’analyse des impacts bruts du projet. Ainsi, les mesures qui permettent de remédier aux impacts négatifs du projet ne sont pas fondées sur un diagnostic. Cela conduit le maître d’ouvrage à présenter des mesures de réduction générales, visant essentiellement la phase travaux. »

« Le dossier présente une cartographie des aléas inondation de l’estuaire. En prenant comme événement de référence un « événement de type Xynthia » et en ajoutant 60 cm11 pour tenir compte du changement climatique, le maître d’ouvrage estime que presque tout le site se situe dans la zone d’aléa inondation fort ou élevé. »

Voir également la contribution des associations environnementales au projet de plan stratégique portuaire 2016-2020 du GPM où nous pouvons voir qu’elles ont choisi d’accompagner l’industrialisation de la Loire :

  • Natura 2000 : Les associations appuient la position du GPM qui est favorable à l’extension du site Natura 2000 « estuaire de la Loire » sur les 285 hectares de l’île du Carnet qui restent à vocation environnementale.

Pour terminer, nos associations souhaitent que des indicateurs de suivi soient définis permettant d’avoir un suivi pertinent et efficace. Il faut donc enrichir les indicateurs qualitatifs par des indicateurs quantitatifs. C’est sur la base de ces indicateurs que sera fait le bilan de ce prochain plan stratégique. Ce travail d’enrichissement des indicateurs et de leur bonne prise en compte dans tous les projets qui seront menés est gage de réussite de ce futur plan stratégique. »

Nous espérons que le GPMNSN répondra à nos questions et que nos demandes seront prises en compte pour consolider ce que nous espérons être un projet de développement économique exemplaire où transition économique et énergétique vont de pair avec la transition écologique de nos territoires et la protection de cet espace si riche en biodiversité qu’est l’estuaire de la Loire.  » (sic ) »

Source : http://www.fne-pays-de-laloire.fr/download/deposition_apne_ep_amenagement_ile_carnet_vf_2017-02-pdf/

Les associations environnementales se sont fait à 3 reprises les portes-paroles du projet industriel du Carnet dans la presse. Et ce à la place du Grand Port Maritime refusant de communiquer sur le projet, mais certainement réjoui de ces déclarations d’assos environnementales sur son projet. La dernière déclaration date de Juillet 2020 (la destruction du site du Carnet serait un « épiphénomène » (sic)) :

Les 3 déclarations à retrouver ICI, ICI et ICI

Beyrouth en deuil… Et bientôt l’Estuaire de la Loire ?! L’usine YARA, une gigantesque bombe à nos portes !

La tragédie à Beyrouth a pour origine l’explosion de 2700 tonnes de nitrate d’ammonium, mais saviez-vous que près de Saint-Nazaire (44), l’usine YARA a l’autorisation de stocker 43 fois cette quantité de nitrate d’ammonium ? Une bombe à nos portes qu’il est temps de stopper et qui révèle le caractère écocidaire et mortifère de l’agriculture industrielle !

L’explosion de 2700 tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis 6 ans sur le port de Beyrouth a déjà causé plus de 100 morts et 40000 blessé-es. Le drame vécu par les libanais-es s’ajoute aux conséquences désastreuses de l’utilisation du nitrate d’ammonium et doit nous questionner à la fois sur notre utilisation des engrais de synthèse au nitrate d’ammonium, sur les entreprises qui le produisent et les structures qui les soutiennent à échelle locale. 

Rappelons que 31 personnes sont mortes à Toulouse en 2001 lors de l’explosion de 300 tonnes de nitrate d’ammonium entreposées dans l’usine AZF. 

Luttons contre ces bombes à retardement pour éviter que des drames similaires n’aient lieu ailleurs, y compris à Saint-Nazaire où le Grand Port Maritime accueille le numéro 1 mondial du nitrate d’ammonium : Yara !

Le Grand Port Maritime de Nantes / Saint-Nazaire : un port écocidaire avec un risque d’explosion catastrophique à Montoir

Anne-Laure Sablée, chargée de campagne agriculture chez les Amis de la Terre, explique à La Relève et La Peste que « En France, nous avons des sites qui contiennent beaucoup plus de nitrates que ce qu’il s’est passé à Beyrouth, et ce, sans respect des règles de sécurité ! Le leader mondial des engrais Yara, implanté dans les régions du Havre, de Saint-Nazaire ou encore de Bordeaux, a ainsi fait l’objet de pas moins de 11 mises en demeure depuis 2015 ! Comment ne pas s’inquiéter d’un stockage de 20 000 tonnes de nitrates d’ammonium à proximité de Bordeaux par une multinationale qui ne respecte pas la réglementation et pour laquelle l’État fait preuve de largesses ? » 

À l’heure où le Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire (GPMNSN) prévoit son extension industrielle sur une zone naturelle et agricole de 40ha à Donges et la construction d’une zone industrielle de 110 ha sur une zone naturelle au Carnet, ses pratiques écocidaires doivent être plus que jamais mises en lumière et combattues. 

  • Le GPM abrite également l’entreprise Yara. Yara, numéro mondial des engrais de synthèse et de de la production de nitrate d’ammonium, continue à polluer et mettre en danger le territoire en toute impunité et dans l’indifférence et avec la complicité des pouvoirs publics.

L’entreprise, autorisée par la préfecture à stocker 112 000 tonnes de nitrate d’ammonium (soit 43 fois la quantité qui a explosé à Beyrouth, de quoi vous laisser imaginer la catastrophe potentielle sur l’Estuaire de la Loire…), a pourtant été visée par deux arrêtés préfectoraux de mise en demeure, l’un concerne les rejets d’azote et de phosphore dans le fleuve, l’autre la gestion de ce site classe Seveso seuil haut.

“En août 2018, un arrêté de mise en demeure a été adressé à la direction de l’usine pour la contraindre à mieux protéger la salle de contrôle vis-à-vis des risques toxiques d’incendie et d’explosion”, “La tour principale de production rejette deux fois plus de poussières (PM10) que le seuil autorisé” et « Yara ne dispose d’aucune station de traitement de ses effluents industriels », comme l’explique cet article de LeMonde sur les craintes liées à Yara à Saint-Nazaire. 

De quoi inquiéter plus qu’à raison des riverains de l’usine YARA :

 » Visière de casquette et index désignant l’usine Yara, Alain Terrien toise d’un mauvais œil les panaches de fumée crachés par les cheminées du complexe produisant près de 600 000 tonnes d’engrais par an. « Ici, en cas de pépin, c’est hyperdangereux, explique le vice-président de l’association du village de Gron, un quartier de Montoir-de-Bretagne, commune de 7 000 habitants voisine de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Ce que l’on redoute si ça pète, ce ne sont pas des gens intoxiqués, comme à Rouen avec l’incendie de l’usine Lubrizol, mais des morts. Les nuages d’acide nitrique et d’ammoniac, ça ne pardonne pas… » L’inquiétude est d’autant plus légitime que le site, classé Seveso seuil haut, est coupable de sérieuses entorses, aussi bien sur le plan de la sécurité que sur celui de l’environnement.

L’Etat qui ne peut se targuer de maîtriser les risques industriels comme l’a illustré Lubrizol et qui offre toujours un peu plus de souplesse aux entreprises serait-il en train en cautionner le scénario du pire sur l’Estuaire de la Loire ?

Une explosion de l’usine YARA entraînerait une tragédie humaine et environnementale inimaginable en Loire-Atlantique. L’explosion pourrait également menacer les terminaux méthaniers de Montoir et de la rafffinerie de Donges située à seulement quelques kilomètres (le souffle de l’explosion à Beyrouth a causé des dégâts plusieurs kilomètres aux alentours !).

Une réaction en chaîne sur les différents sites SEVESO du territoire est un scénario du pire qu’il faut toujours envisager lorsque des vies humaines et notre écosystème sont en jeu.

Comment peut-on à la fois autoriser le stockage de ressources aussi dangereuses et mettre en demeure pour manquement à la sécurité ? Le GPM doit prendre ses responsabilités et l’Etat doit faire appliquer des sanctions fermes et proportionnées contre ces entreprises qui mettent en danger l’intégralité du territoire. La meilleure des solutions serait de les fermer !

yara pollution nitrate d'ammonium

L’agriculture industrielle : des pratiques mortifères de la production d’engrais à nos assiettes 

L’agriculture industrielle s’est rendue dépendante des engrais de synthèse au nitrate d’ammonium malgré le danger que ces produits représentent sur toute leur chaîne de production et de stockage. 

Entreposées dans de mauvaises conditions, ces substances deviennent des cocktails explosifs.  “Sous l’effet d’une forte température (au moins 210 °C), ce solide assez dense se décompose subitement en différents gaz dans une réaction qui libère une immense quantité d’énergie et crée une onde de choc avec cet effet de souffle monstrueux qu’ont bien montré les vidéos prises dans la capitale libanaise. Le nuage roux observé peu après l’explosion est caractéristique des oxydes d’azote qui, à forte concentration, peuvent provoquer des irritations. A Beyrouth, le déclencheur est probablement à chercher du côté de l’incendie qui a précédé l’explosion sur le port.”  explique Pierre Barthélémy, dans un article pour LeMonde. 

Selon le dernier rapport du GIEC, l’agriculture industrielle est responsable de 21 à 37 % du total des émissions de GES et 82% des émissions de protoxydes d’azote (un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2) sont causées par le système agricole industriel, notamment l’utilisation massive d’engrais azotés.

Notre modèle agricole industriel est donc à la fois destructeur de la biodiversité, extrêmement polluant et dangereux puisqu’il nécessite l’utilisation de substances nocives et explosives. Il est pourtant possible de faire autrement et de refuser ces pratiques. 

Quelles solutions pour lutter contre ces pratiques, les entreprises fabricantes et les structures qui le soutiennent comme le GPM ? 

Face à ces entreprises et projets destructeurs, quelles sont les solutions à échelle individuelle et collective ? 

  • Favoriser les produits issus de l’agriculture biologique. L’agriculture biologique n’autorise pas l’utilisation des engrais de synthèse au nitrate d’ammonium. Consommer bio, c’est donc boycotter un modèle agricole mortifère. 
  • Sensibiliser autour de nous à l’impact de l’utilisation des engrais de synthèse et aux dangers que les entreprises comme Yara représentent localement
  • Lutter pour que des entreprises ou des projets similaires ne s’implantent pas. Il est encore temps de rejoindre notre collectif Stop Carnet afin de lutter contre 110 ha de zone industrielle en bord de Loire ! 😉 Rejoignez également le village du peuple menacé d’expulsion dès fin Septembre !
  • S’investir au sein de collectifs qui luttent contre les entreprises existantes, c’est notamment le cas de Climat Presqu’île à échelle locale et de Free The Soil, qui lutte contre l’agriculture industrielle et ses acteurs (dont YARA). 

Rendez-vous également les 29 et 30 août au Carnet pour un week-end de résistance festif afin d’empêcher l’industrialisation de nos écosystèmes et lutter contre les projets écocidaires et mortifères du Grand Port Maritime !  

Du village du peuple au Carnet, contre YARA et le GPM, nous sommes la Loire qui se défend !

Voir aussi notre décorticage des activités mortifères du Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire :

Le Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire, l’Estuaire et le Carnet une histoire de béton et de pollution

La Loire en Danger : Le Carnet, un site naturel à protéger !

L’Estuaire de la Loire est à nouveau menacé d’un projet de bétonisation de 110ha sur ses rives, sur le site du Carnet près de Paimboeuf (44)… à l’heure où de nombreuses études scientifiques et rapports nous indiquent pourtant la nécessité de redonner de l’espace aux fleuves !

Bruant des roseaux, une des 116 espèces protégées du Site du Carnet, dessiné par Alessandro Pignocchi

Le Carnet se situe sur la rive sud de l’estuaire de la Loire, sur les communes de Frossay et Saint-Viaud.
Il s’agit d’une ancienne île de la Loire autrefois séparé par le bras du Migron, aujourd’hui en partie comblée par des remblaiements des années 60 jusqu’aux années 90.

Le site du projet industriel du Carnet avait déjà été en partie submergée lors de la tempête Xynthia et les récentes modélisations d’élévations du niveau de la mer prévoient déjà des risques majeurs de submersion du futur site industriel dès…2030 !

Source : https://geo.data.gouv.fr/fr/datasets/554d3d2ec63884570eec37625132ba28429e8b14

L’estuaire de la Loire : sa biodiversité, ses richesses

L’estuaire de la Loire, c’est 40 000 ha de zones humides interconnectées ..

Le Carnet, c’est 395 hectares de zone naturelle en bord sud de Loire, d’une beauté émouvante

Le Carnet, c’est aussi 63% de zones humides précieuses     

Les zones humides participent à la dynamique des sédiments et la fertilisation des sols.
Elles atténuent les crues et protègent les littoraux.

Extrait de l’étude d’impact Artelia pour le projet industriel du Carnet :
« Sur ce site original, l’agencement des zones humides et des milieux secs sableux-meubles en mosaïque permet le développement d’une richesse et un fonctionnement atypique à l’échelle de l’estuaire de la Loire.« 

Le Carnet, c’est un site dont les habitats fragiles abritent pas moins de 116 espèces protégées

… et même un habitat d’intérêt communautaire !  

Extrait de l’étude d’impact Artelia :
« Pour la flore et les habitats, sur 44 habitats élémentaires décrits, 9 relèvent de la Directive «Habitats » dont un habitat d’intérêt communautaire prioritaire. Les enjeux floristiques identifiés sont élevés du fait d’un nombre important de taxons remarquables (63 taxons) avec pour certains une forte valeur patrimoniale pour le département et/ou la région et de par la présence de stations de quatre plantes protégées.

Les enjeux faunistiques identifiés sont également élevés. Le site du Carnet présente de grands intérêts batracho-herpétologiques et ornithologiques (du Petit Carnet jusqu’à la Percée), en particulier pour les amphibiens en période de reproduction.« 

Le Bruant des roseaux est présent au Carnet


Le Bruant des roseaux, passereau européen, est comme son nom l’indique un oiseau des roselières mais il fréquente également les broussailles de zones humides et les jonchaies hautes.






Le Bruant des roseaux est assez facile à reconnaître en période nuptiale car il se perche sur le haut des roseaux ou des buissons pour chanter.


C’est d’ailleurs un chanteur assidu !


Comme vous le témoigne cette œuvre d’Alessandro Pignocchi !

Le Carnet c’est d’ailleurs l’un des derniers corridors migratoires sur l’estuaire de la Loire

De nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs viennent trouver refuge au Carnet.

C’est l’un des derniers espaces naturels préservés des nuisances de l’activité humaine et industrielle, sur l’estuaire de la Loire.

C’est un site de repos et d’alimentation pour bon nombre de migrateurs !

Le Phragmite Aquatique, passereau européen menacé d’extinction, fréquente le Carnet !


Le Phragmite aquatique est le passereau le plus menacé d’extinction en Europe continentale.

Ses effectifs ont chuté de 80% à 90% durant le XXème siècle.

Le Carnet, c’est aussi une lutte populaire historique contre un projet de centrale nucléaire (abandonné en 1997)







C’est l’une des plus grandes victoires écologiques de ces 30 dernières années !

Aujourd’hui, le Carnet est menacé par un projet d’aménagement du Grand Port Maritime

Le Carnet a de nouveau besoin de nous pour le préserver !

Son bruant de roseaux, ses passereaux migrateurs,
ses hérons, ses rapaces, ses fleurs,
ses insectes, ses amphibiens, ses rongeurs…

C’est tout ce monde sauvage qui a besoin de nous au Carnet pour le défendre alors qu’on désespérément besoin de lui pour survivre !

Nous sommes la Loire qui se défend !

Implantons la résistance contre le Carnage au Carnet !

https://stopcarnet.fr/carnage-au-carnet-en-bord-de-loire-44-implantons-la-resistance-les-29-et-30-aout-prochains/