Procès politique le 8 Novembre d’un militant écologiste ayant subi des violences et intimidations policières : appel à soutien et témoignages !

En juin dernier à Frossay (44), un militant écologiste et paysan bio de 62 ans a subi une arrestation violente suite à une manifestation bon enfant contre le projet de zone industrielle du Carnet.

Entre une extraction violente de la voiture dont il était passager, un choc à la tête qui aurait pu lui coûter la vie, des contusions multiples, 48 heures de garde à vue, 7 interrogatoires digne du traitement d’un terroriste… les violences subies lui ont valu 20 jours d’arrêt de travail et des traumatismes physiques et psychologiques terribles dont il peine à se remettre.

Le militant, Hubert, est poursuivi pour « menace de délit ou crime envers un dépositaire de l’autorité publique ». Le chef d’inculpation est fantoche et le procès d’Hubert, qui aura lieu le 8 novembre, ainsi que son arrestation violente sont profondément politiques et ont pour but de faire taire un militant écologiste de longue date et décourager tout militantisme écologiste et politique dans le sud du 44.

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Hubert est paysan bio et militant écologiste de la première heure.  Le 6 juin 2021 dernier, alors qu’il participait à un week-end festif et bon enfant contre le projet industriel du Carnet à Frossay (44), le maraicher bio sexagénaire a été violemment arraché d’une voiture, plaqué au sol, menotté puis trainé par les gendarmes (vidéo de l’arrestation ici). Il s’agit d’une arrestation par les forces de l’ordre d’une rare violence que l’on tente encore aujourd’hui de comprendre et de justifier tant le motif d’arrestation semble ubuesque au vue du contexte bon enfant de la manifestation.

Âgé de 62 ans, Hubert connait des problèmes de santé importants, pour autant, en plus de sa vigoureuse arrestation il ne retrouvera ensuite sa liberté qu’au terme de 7 auditions au cours des 48h de garde-à-vue desquelles il ressortira blessé et profondément éprouvé psychologiquement. Le médecin qui l’examinera, choqué de son état, attestera de « coups et blessures » et lui donnera 10 jours d’ITT qui seront renouvelés par la suite par le médecin traitant. L’avocate commise d’office d’Hubert subira également des pressions et remarques sexistes lors de ses échanges avec les gendarmes et décidera de porter plainte au barreau en mentionnant un dossier très tendu.

Vidéo d’une partie de l’interpellation violente d’Hubert

Cf. article du 9 juin 2021, La Relève et la Peste ici pour rappel des faits

Cf. article du 21 juin 202, Reporterre ici

La version détaillée du récit se trouve ci-dessous.

Une arrestation violente et un procès politique qui s’ajoutent à la repression subie par les militant.e.s contre le projet de parc éco-technologique du Carnet

Les militant.e.s en lutte contre le projet du Carnet subissent surveillance, intimidations et répressions depuis plus d’un an. Caméras de surveillance cachées et hypersophistiquées pour surveiller les militant.e.s et prouvant que la gendarmerie a couvert l’épandage de boues d’épuration sur le site du Carnet, passages d’hélicoptères de la gendarmerie, au dessus de la ZAD du Carnet et au des habitations des militant.e.s ou de simples soutiens, pique-nique fortement surveillé et empêché, 18 mois de prison ferme pour un militant de la ZAD du Carnet, procès pour organisation de manifestation non déclarée (qui se tiendra le 22 mars 2022) quand des dizaines de manifestations non-déclarées ont lieu chaque mois partout en France sans la moindre poursuite…

Le média Bastamag a retracé la répression subie par les militant.e.s dans un article du 19 octobre. « Depuis le 31 août 2020, date d’installation d’une nouvelle zone à défendre (ZAD) à l’entrée du Carnet, la tension est montée d’un cran. « Je ne compte plus le nombre de gendarmes qui patrouillent sur ma ferme et celle de mon père, ni le nombre d’hélicoptères qui passent au-dessus de nous », lâche le trentenaire (Yoann Morice, fils d’Hubert). Gabriella Marie, une des porte-parole du collectif (Stop Carnet), a elle aussi assisté à la multiplication des vols stationnaires au-dessus de sa maison : « Un jour, j’ai cru qu’il allaient arracher la croix qui est sur le toit tellement ils étaient bas ! » se rappelle-t-elle. »

Une répression des militant.e.s écologistes qui s’inscrit dans un régime politique autoritaire et fascisant

Loin d’être un cas isolé, cette arrestation et procès politiques dans le Pays-de-Retz dépasse évidemment les frontières des milieux militants écologistes avec une répression, un fichage et des intimidations inacceptables de toutes personnes dont la dissidence politique et l’opposition sont visibles.

Évidemment, ces intimidations et répression ne s’appliquent pas aux fascistes assumés, qui bénéficient eux d’une visibilité médiatique et d’une protection politique qui leur permettent de tenir des propos délictuels ou de violenter physiquement ou matériellement sans faire l’objet de poursuites.

L’État français veut imposer coûte que coûte ses projets et ses dogmes (peu importe que les investisseurs soient au rendez-vous ou que l’incohérence écologique soit probante) et museler les personnes qui osent encore se dresser contre des projets anti-écologiques réalisés en catimini.

Faire taire l’opposition à des projets destructeurs, c’est la garantie de pouvoir poursuivre ces projets en toute tranquillité.

Comme le rappelle Vanessa Codaccioni, historienne et politologue spécialiste de la répression interrogée par Reporterre, cela renvoie à une idée popularisée par le ministre de l’Intérieur dans les années 1970, Raymond Marcellin : « Il disait « il faut couper les têtes », c’est-à-dire les personnes qui sont visibles. Sous entendu, si on les empêche de militer, les autres arrêteront aussi. »

Hubert est poursuivi pour la seule et bonne raison d’être militant écologiste en lutte contre des projets destructeurs. Les violences et intimidations policières subies sont stratégiques et destinées à le faire taire et décourager la moindre opposition, soutenons-le ! ❤

Le procès d’Hubert se tiendra le 8 Novembre 2021 au tribunal correctionnel de Saint Nazaire à partir de 14h.

Face à la répression des militant.e.s, à l’autoritarisme et à la montée du fascisme : défense, amour et solidarité !


Si vous souhaitez nous soutenir pour les frais de ce procès et des autres procès à venir, vous pouvez le faire via une cagnotte en ligne.

Si vous étiez présent-e-s le jour de la manifestation et que vous voulez témoigner en vue du procès, contactez-nous à : stopcarnet@retzien.fr

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